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Publié le par prof. documentaliste

Cette année, les 4 collèges participants au Prix Paris d'en Lire ont largement plébiscité la BD "Le journal d'Anne Frank". Il a obtenu 41 voix (sur 142). 

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Booktrailers sur les livres de la sélection 2018 2019

Publié le par prof. documentaliste

Découvrez les booktrailers réalisés par les élèves de 4ème C sur les titres de la sélection 2018 2019 : "Isabella Bird", "Swimming pool", "Le journal d'Anne Frank", et "A travers". 

 

Booktrailers sur les livres de la sélection 2018 2019

Rencontre avec David Groison

Publié le par prof. documentaliste

Rencontre avec David Groison

Jeudi 16 mai, les élèves du collège Louise Michel et Jean Moulin ont rencontré David Groison auteur du livre Les Journalistes nous cachent-ils des choses ? à la médiathèque Françoise Sagan.

 

D. G. : « Je me présente, je suis journaliste et rédacteur en chef du magazine Phosphore, magazine des 14-18 ans pour les élèves de la 3ème au lycée qui est publié chez Bayard. Je suis ravi d'être reçu à la médiathèque Françoise Sagan. C'est une médiathèque que j'aime beaucoup. Elle est magnifique et je la fréquente avec plaisir, je la remercie de m'accueillir aujourd'hui pour cette rencontre, pour ce moment d'échange.

Avec Pierangélique Schouler, nous avons co-écrit plusieurs ouvrages, d'abord sur la photographie, sur la lecture d'images : Prises de vue, Photos chopées, Histoire vraie des grandes photos. »

Rencontre avec David Groison

A propos du livre

Est-ce que cet ouvrage est une commande de l'éditeur Actes Sud ou est-ce vous qui avez proposé le sujet ?

D. G. : « C'est nous qui avons proposé le sujet. Notre premier livre Prises de vue est venu de Pierangélique Schouler car elle avait une rubrique dans Phosphore où elle décodait des images. On baigne dans un monde d'images mais nous ne sommes pas tant que ça à interpréter les images.

Comme ce premier livre a rencontré un certain écho, on a eu des questions sur les photographies truquées lors de nos rencontres. Ça nous a donné envie d'un autre livre : Photos chopées. Puis on a voulu faire un livre sur les grandes photographies iconiques.

Dans les rencontres qu'on a faites sur ces livres, on a eu plein de questions sur nos métiers, c'est comme ça qu'on a eu envie de faire ce nouveau livre Les journalistes nous cachent-ils des choses ? Pour répondre aux questions qui revenaient souvent. L'idée c'était aussi de faire un livre pour vous aidez à forger votre esprit critique. Nous nous entendons bien avec notre éditrice elle est d'accord avec nos propositions, et un livre en entraîne un autre. »

 

Nous avons remarqué qu'il y a un dessin différent dans certaines éditions de votre livre, pourquoi ?

D.G : « En effet, dans la première édition on voit deux journalistes qui sont deux hommes. Dans la seconde édition, il y a une femme et un homme.

C'est Ronan Badel qui a fait les illustrations du livre. Quand il nous les a envoyées nous les avons reçus comme un cadeau. Il y a un ou deux dessins où nous n'étions pas tout à fait d'accord mais dans l'ensemble nous adorions tous les dessins et très peu ont été corrigés ou modifiés par l'illustrateur.

Quand le livre est sorti, il y a un journaliste du Petit libé qui nous a dit : « votre livre est superbe mais je voulais vous dire, je ne l'écrirais pas mais j'ai été un peu choqué de voir qu'il n'y avait pas de femmes journalistes dans votre livre. D'un coup, ça a été un choc de folie pour nous. Dans mon magazine Phosphore, on fait super attention. On essaye de déconstruire cela justement. Piérangélique est une femme, notre éditrice est une femme. Mais nous étions tellement séduits par les dessins qu'on ne s'en est même pas aperçu. Ronan non plus ne s'en était pas rendu compte. Du coup, au moment du retirage du livre, pour la seconde édition, on a changé six ou sept dessins. »

 

Combien de temps avez-vous travaillé sur ce livre ?

D.G. : « Entre le moment où on a eu l'idée et la publication, il s'est écoulé un an. Mais on fait ça en plus de notre travail. Pierangélique Schouler est spécialiste de l'image, elle est iconographe. Elle travaille pour plein de journaux. Le livre on l'écrit le soir, le week-end ou en vacances. En cumulé, on a peut-être travaillé pendant un mois dessus. »

 

Est-ce que vous risquez votre place en écrivant ce livre ?

D.G. : « Non, je ne risque pas ma place. Ça fait partie des trucs chouettes du métier. Je ne peux pas me consacrer au livre sur mon temps de travail mais je peux avoir des projets à côté de mon travail. C'est un métier que j'adore mais il faut reconnaître qu'il y a parfois aussi un côté abrutissant car il faut aller vite et prendre des décisions à longueur de journée : c'est fatiguant. D'avoir un projet de livre comme celui-ci permet d'avoir un temps plus long et c'est agréable.

Pierangélique Schouler risque davantage sa place. Par exemple dans le livre Photos chopées, les journaux avaient modifié des photos. Or, nous avons publié les photos avant et après. Or les journaux n'avaient pas du tout envie de redonner les photos originales. Mais une fois qu'on a le fichier, on paye pour la photo. On l'a joué réglo. Mais pour elle c'est plus compliqué car elle travaille pour différents journaux. »

 

Pourquoi avoir fixé le nombre de 30 questions ?

D.G. : « Pourquoi pas ? C'est sûrement un peu à cause de moi car j'adore les chiffres et j'aime bien les comptes ronds. Dans Phosphore, il y a une rubrique qui s'appelle « Dix bonnes nouvelles », il y a aussi « Give me five ». C'est ma petite folie à moi. 31 questions, ça n'aurait pas fait beau. Nous avons choisi les questions qui reviennent le plus souvent, celles qui sont les plus pertinentes à nourrir. »

 

Comment s'est porté le choix sur l'illustrateur Ronan Badel ? Est-ce vous qui l'avez choisi ou votre éditrice ?

D.G. : « C'est l'éditrice qui a choisi. Dans mon journal, c'est le directeur artistique qui fait le choix des images et qui en est responsable. Dans l'actualité, les journaux ont parlé récemment de la biodiversité car il y a un million d'espèces qui vont disparaître. Les directeurs artistiques ont fait des choix différents selon les rédactions.

Libération a choisi un filet de pêche où on pouvait voir des thons qui étaient balancés dans les airs.

La Croix a choisi une chouette avec un regard qui fixait l'objectif, un peu culpabilisant.

Le Monde n'a pas mis de photo mais a mis un titre énorme : 1 million d'espèces vont disparaître.

Le Figaro a choisi un imagier façon vieil imagier.

Le Parisien a montré une photographie de l'experte qui était interviewée.

Tout ça dit quelque chose sur la manière de traiter l'information.

L'éditrice s'est dit : le mieux pour ce livre, c'est Ronan Badel. »

Les histoires que vous racontez dans votre livre, les avez-vous personnellement vécues?

D.G. : « Non, pas toutes justement. Ce qui est intéressant c'est d'aller trouver le bon exemple. Par contre, toutes les questions du livre on se les pose. Est-ce que parfois ça ne vaut pas le coup de cacher des choses ? Il faut se poser la question : est-ce qu'on a besoin de tout savoir en temps réel ? Il faut donner des histoires qui permettent de réfléchir à ça. Les deux exemples qui sont donnés dans le livre sont là pour faire réfléchir à ça. Lorsque le journaliste de BFM-TV annonce pendant l'attaque de l'Hyper Cacher qu'un otage est caché dans la chambre froide du magasin, il met en danger celui-ci car si Amedy Coulibaly avait entendu l'info, « ceux et celles qui avaient trouvé refuge dans la chambre froide auraient pu être tués ».

De la même façon, en ce moment, on se pose la question de savoir si la France paye pour récupérer les otages. Si les journalistes annoncent : « Ben oui, la France est un pays qui paye pour récupérer ses otages » est-ce que ça ne va pas encourager les preneurs d'otages ?

Quand on est journaliste, on se pose sans arrêt la question de savoir si on doit divulguer telle ou telle information. »

 

Pourquoi ce livre ? Vouliez-vous vous défendre ?

D.G. : « On dit plein de choses sur les journalistes qui sont injustes et en même temps, comme vous, je suis parfois très agacé par certains journalistes qui abîment la profession. Mais je pense quand même que notre métier est hyper important et, sans vouloir en faire trop, nécessaire à la démocratie. Il faut des lanceurs d'alerte sur des questions aussi graves que le climat. J'ai fait un peu ce livre pour nous défendre mais surtout je crois pour essayer de faire réfléchir. »

 

Avez-vous eu des difficultés pour faire paraître ce livre ?

D.G. : « Non, nous n'avons pas eu de difficultés. Nous avons de très bons rapports avec notre éditeur. Pour notre prochain livre nous voulons faire quelque chose pour les plus jeunes. »

Comment s'est passé votre collaboration avec Pierangélique Schouler ?

D.G. : « Bien... Nous sommes ensemble dans la vie alors il vaut mieux. On écrit à deux. Sur notre premier livre, c'est elle qui avait écrit tout ce qui concernait l'analyse de l'image car c'est sa spécialité. Moi j'avais fait les interviews avec les journalistes.

Sur le livre sur les grandes photographies, elle a écrit sur le fait que ce soit devenu des grandes photographies iconiques. Moi j'ai enquêté sur les coulisses de l'histoire. Nous avons eu pour cet ouvrage un débat sur le choix des photographies. J'étais embêté par exemple parce qu'il n'y avait pas de photographie de la première guerre mondiale. Elle me disait qu'on ne faisait pas un livre sur l'Histoire. Il y avait plein de moments comme ça où on se bagarrait. Nous avions un critère rigolo à l'époque pour déterminer si c'était une photo iconique, on se demandait si elle avait été détournée, reprise dans un épisode des Simpson.

Sur ce livre Les journalistes nous cachent-ils des choses, on a rassemblé les histoires ensemble. Elle a plus écrit quand ça concerne l'image et moi quand ça concerne le texte.

Le travail de journaliste se fait toujours à plusieurs. La parole doit normalement être vérifiée par plusieurs personnes. »

Rencontre avec David Groison

Sur votre métier de journaliste

Quel parcours avez-vous suivi pour être journaliste ?

D.G. : « Est-ce que parmi vous il y a en a qui veulent être journaliste ?

Moi petit je voulais être journaliste. Je voulais faire un journal au collège mais je trouvais aussi que c'était trop la honte. Comme j'étais bon élève, j'ai fait une première S, une terminale S puis une école d'ingénieur. Mais j'étais malheureux. J'ai fait un stage chez Loréal où j'ai travaillé sur une crème anti-rides mais je ne voulais pas faire ça toute ma vie. J'ai fait ma dernière année d'école d'ingénieur à Montréal au Québec. A ce moment là je me suis investi dans le journal de l'Université. Comme c'était une université américaine on avait un gros budget qui nous permettait de tirer notre quotidien à 11 000 exemplaires dans toute la ville. J'ai vu à ce moment là à quel point ma vie était plus riche. J'ai appris plein de choses sur le Québec. J'étais un ancien timide et là j'avais un prétexte pour parler aux gens.

Ensuite j'ai fait une école de journalisme à Lille.

Si on veut être journaliste, il n'existe pas une seule voie. On peut y arriver de différentes manières. Le parcours classique est de faire des études littéraires puis de faire sciences politiques puis une école de journalisme mais ce n'est pas le parcours de tous les journalistes. Heureusement, car cela peut aussi être un problème d'avoir des journalistes avec des profils qui se ressemblent. C'est aussi un reproche qu'on fait aux journalistes. Et c'est intéressant d'avoir des journalistes qui s'y connaissent dans ce qu'ils racontent parce qu'ils ont des profils différents. »

 

En tant que journaliste, est-ce que vous vous déplacez beaucoup dans d'autres pays ?

D.G. : « Je n'ai jamais été en poste dans d'autres pays mais j'ai fait des reportages dans d'autres pays. Par exemple, je suis allé au Mali, faire un reportage sur le micro-crédit. On prête de l'argent mais très peu à des femmes qui peuvent acheter des chèvres et des poules, ça crée une économie. Ensuite elles seront capables de rembourser leur crédit. Quand on se rend sur place on se rend compte de la réalité. Au Mali pour ce reportage, j'ai découvert par exemple des associations humanitaires sur place qui avaient installé des panneaux solaires mais rien ne marchait car il manquait des branchements et des fils pour faire du courant.»

 

Est-ce que les journalistes ont besoin d'appareil photo ?

D.G. : « Non, il y a plusieurs métiers pour faire un journal. Il y a différents types de journalistes. Quand on voit Emma Watson on nous accorde une interview de 30 minutes. Moi qui suis journaliste qui fait des reportages pour Phosphore, j'ai envie de faire 28 minutes pour les questions et 2 minutes pour les photographies mais le journaliste qui fait les photographies ne verra pas les choses de la même façon. C'est une sorte de challenge pour savoir combien de temps on consacrera à la photo et à l'interview. Sur le terrain, on se bagarre un peu. Ce sont deux métiers différents, on ne va pas chercher les mêmes choses. »

 

Quelles stars avez-vous rencontrées ?

D.G. : « Emma Watson. Ça m'a marqué parce que c'était au lendemain de l'élection de Trump et elle était assez fine dans ses réponses.

J'ai interviewé aussi Hugh Jackman mais ce n'est pas l'interview qui m'a le plus marqué.

J'ai interviewé Robert Badinter et ça, ça m'a beaucoup marqué.

Pour les primaires en 2007 au moment de l'élection de Barack Obama, j'ai pu interviewer des jeunes et j'ai pu palper l'émotion créée chez ces jeunes. Je me suis dit à ce moment là que l'histoire était en train de se passer avec cet espoir qui renaissait et que j'avais la chance d'y être et d'être le témoin de tout ça. »

 

Êtes-vous l'auteur d'autres livres ?

D.G. : « Oui, comme je vous l'ai expliqué, j'ai déjà écrit quatre autres livres avec Piérangélique Schouler. »

 

Combien de temps avez-vous été journaliste ?

D.G. : « Ça va faire vingt ans que je suis journaliste. 100% de mes revenus viennent du journalisme Je fais partie des journalistes qui ne vivent que de ça. »

 

Avez-vous déjà rencontré des complications dans la divulgation de certaines informations ?

D.G. : « Si tu fais bien ton travail de journaliste, normalement tu as des complications. Il y a cette citation d'Albert Londres qui dit : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. »

Le but du journalisme c'est quand même de révéler les dessous des événements.

Tu peux aussi avoir des complications parce que tu as mal fait ton travail. Nous avions publié dans Phophore un reportage sur les combattants en Ukraine qui avaient 17 ans. Nos lecteurs avaient le même âge que ces jeunes qui combattent. Sur une photo publiée pour illustrer le reportage, on voyait une jeune fille combattante qui avait en tatouage, une sorte de croix. Mais nous n'avions pas très bien fait notre travail car aucun de nous n'avait identifié cette croix. Or c'était une croix que portaient les gens d'extrême droite. L'histoire de cette jeune fille avait en effet commencé dans les milices d'extrême droite. Elle les avait ensuite quittées et était devenue combattante. C'était une faute mais on l'a reconnu, on a ensuite publié un article pour s'excuser et pour expliquer.

Ce qui est intéressant aussi c'est ce qu'on peut tirer de ses erreurs. Est-ce qu'on reconnaît avoir fait une erreur ? Ça détermine aussi quel genre de média on est.

C'est d'ailleurs comme ça qu'on va choisir son média.

Si ce livre a un message a délivrer c'est bien celui-là : si il y a un média qui vous énerve parce qu'il ne reconnaît pas ses erreurs par exemple alors il faut en changer. On a essayé de donner des éléments qui donnent à réfléchir pour aider à choisir son média. »

 

Est-ce que vous avez déjà travaillé ou fait un reportage pour une chaîne de télé ?

D.G. : « Non. A l'école de journalisme, on apprend à être journaliste pour la télé, la radio ou la presse écrite. Moi j'étais beaucoup moins attiré par la télé.

Quand je suis allé voir l'exposition Toutânkhamon à la Villette, j'ai préféré regarder un super documentaire vidéo, c'était plus fort que de lire un livre sur le sujet et puis je n'avais pas le temps. Mais dans plein de moments, je trouve que l'écrit a plus de force. »

 

Combien un journaliste est-il payé ?

D.G. : « Il y a une réponse à ça dans le livre. Le salaire moyen d'un journaliste est de 3400€ par mois, le salaire moyen d'un français est de 1900€, donc c'est plus. Mais ce n'est pas la réalité de tous les journalistes. Certains journalistes gagnent des salaires de folie, surtout les journalistes télé mais c'est aussi une profession qui est très touchée par le chômage et qui est très précarisée (notamment avec les journalistes qui sont pigistes, c'est-à-dire payés à la pige). Les disparités à travers le métier sont très fortes. Le chiffre du salaire moyen ne veut pas dire grand chose. »

 

Quel projet vous a le plus marqué ?

D.G. : « Écrire ces livres c'est une magnifique expérience. Le moment où tu reçois le livre c'est génial !

J'ai des moments dans ma carrière qui m'ont marqué. J'ai parlé avec un pilote d'hélicoptère qui m'a expliqué que c'était lui qui avait fait découvrir « le cœur de Voh » à Yann Arthus Bertrand, ce paysage magnifique qui illustre la couverture de son livre La Terre vue du ciel. Il faisait toujours un petit détour pour montrer cet endroit qu'il était le seul à connaître. Yann Arthus Bertrand n'a pas retenu cette photographie pour la première édition de son livre mais pour la deuxième. Il est devenu mondialement connu et millionnaire grâce à cette photo mais le pilote d'hélicoptère n'a jamais été crédité pour cette photo. Quand le pilote d'hélicoptère m'a raconté ça, je l'ai vécu comme un moment hyper fort, je me suis dit que j'allais être le médiateur de cette information. »

 

Est-ce que vous avez l'habitude de rencontrer des collégiens ?

D.G. : « Je ne suis pas tous les jours sur une estrade comme aujourd'hui mais sinon oui je rencontre très souvent des collégiens dans mon travail au magazine Phosphore. Nous accueillons à la rédaction énormément de collégiens, notamment lors de leur stage d'observation de 3ème. C'est très important pour nous de travailler avec les jeunes. On fait un journal pour vous, si c'est sans vous, c'est moins intéressant et ça va vite sentir le parent. Nous avons fait un article sur Aya Nakamura et nous devions choisir une photo de la chanteuse. On a montré plusieurs photos aux collégiens et ils nous ont tout de suite dit « celle-là c'est la photo de la pochette de l'album » et nous ne l'avions pas identifiée comme telle. »

 

En conclusion s'il y a un message que je veux délivrer à travers ce livre, c'est que vous êtes acteurs aussi dans le choix des médias. C'est à vous de dire quelles informations vous avez envie de lire, quelles sont les informations qui vous parlent à vous. Et pour déterminer quel média vous convient le mieux, c'est bien de prendre les sujets qui vous tiennent à cœur.

 

Rencontre avec David Groison

 

Un immense merci à David Groison pour ce beau moment d'échanges et de partage autour du travail de journaliste et à la médiathèque Françoise Sagan pour son accueil très chaleureux. ​​​​​​​

Rencontre avec David Groison et Pierangélique Schouler

Publié le par prof. documentaliste

Rencontre avec David Groison et Pierangélique Schouler

Ce mardi 14 mai, les élèves des collèges Louise Michel, Guillaume Budé, et Valmy ont rencontré David Groison et Pierangélique Schouler, auteurs du livre "Les journalistes nous cachent-ils des choses ?" publié chez Actes Sud. 

La rencontre s'est déroulée à la médiathèque Françoise Sagan (10ème arr.). Les deux auteurs se sont prêtés au jeu des questions/réponses pendant 1h30. 

David Groison est journaliste et rédacteur en chef du magazine Phosphore. Piérangélique Schouler est iconographe. Elle travaille régulièrement pour différents journaux : Courrier international, Le monde, Le Journal du Dimanche, Le Figaro... C'est leur cinquième collaboration.

Rencontre avec David Groison et Pierangélique Schouler
Rencontre avec David Groison et Pierangélique SchoulerRencontre avec David Groison et Pierangélique Schouler
Rencontre avec David Groison et Pierangélique SchoulerRencontre avec David Groison et Pierangélique Schouler

Pourquoi avoir accepté cette rencontre ?

Piérangélique Schouler. : "Nous sommes très honorés d'avoir été choisis. Cela fait partie de notre travail de vous rencontrer. Et enfin, on connaît bien le quartier, le collège Louise Michel et la médiathèque Françoise Sagan."

A propos du livre

Genèse du livre 

Ce livre est né de questions que les adolescents nous posaient sur l'actualité. L'objectif est de réfléchir ensemble : qu'est-ce que s'informer ? quel traitement journalistique de l'actualité ?

Piérangélique Schouler : "Chaque mois, je décrypte une image pour la revue Phosphore. Nous avons eu l'idée d'établir une grammaire de l'image pour vous permettre d'acquérir de bon réflexes."

David Groison : "A l'école, on travaille surtout les classiques littéraires. Mais on est baigné dans un monde d'images. Nous sommes peu armés à la sortie du lycée. Ce livre est né de rencontres avec des adolescents. Ces rencontres nous donnent l'idée d'aller plus loin, d'aborder d'autres questions, d'écrire un autre livre. On nous a posé des questions sur les trucages photos et de là est né le livre "photos chopées". La deuxième raison pour laquelle nous avons eu envie d'écrire ce livre, c'est parce que ce travail d'écriture nous permet de prendre le temps pour imaginer et réfléchir. Le métier de journaliste est un peu abrutissant. On traite un flux non-stop d'actualités."   

Comment avez-vous sélectionné les 30 questions ? 

D.G. : "Il s'agit de questions qui reviennent le plus souvent. Chaque question amène à d'autres questions. Le but est de faire réfléchir. On s'aperçoit que les réponses que l'on peut donner à certaines questions ne sont pas si évidentes.

Pourquoi avoir choisi de vous adresser à un jeune public ? 

D.G. : "Je suis journaliste pour ados. Au début de ma carrière, j'écrivais pour adultes (dans la revue Science et Vie, pour le journal Libération). A cette époque j'écrivais pour d'autres "moi-même": un jeune homme Parisien. En écrivant pour des adolescents, j'ai pris conscience du public. Il faut en permanence avoir en tête que l'on écrit pour des personnes qui n'ont pas forcément les mêmes références culturelles (par exemple, vous n'étiez pas né au moment du 11 septembre).   

Combien de temps vous a t-il fallu pour écrire ce livre ?

"Cela s'est fait sur un an. Nous sommes tous les deux très occupés: Piérangélique en tant qu'iconographe travaille pour différents journaux, et moi, je suis rédacteur en chef de Phosphore. On se consacre à nos livres le soir ou pendant des vacances. On discute ensemble ou avec des confrères, on récolte des histoires.  A la question : "Faut-il tout dire quand on est journaliste?", on a envie de répondre : "oui", mais en y réfléchissant un peu, on comprend qu'il faut parfois cacher des choses. Par exemple, lors de l'assaut à Saint Denis contre des terroristes, les journalistes ont bien vu que les forces de l'ordre manquaient de munition, mais n'ont pas immédiatement diffusé une information qui aurait pu aider les terroristes."    

Comment avez-vous travaillé avec Ronan Badel, l'illustrateur du livre ?

D.G. : "On ne l'a jamais rencontré. Il habite en province. Nous avons travaillé avec lui par l'intermédiaire de notre éditrice. Il a dessiné après avoir reçu notre texte. Nous avons pu faire changer quelques dessins. Pour la petite histoire, il y a eu deux versions de ce livre. Dans la première édition, on nous a fait remarquer qu'il n'y avait aucun personnage féminin incarnant des journalistes (on voyait des femmes mais uniquement à l'arrière-plan en bikinis). Nous avons été choqués de ne pas nous en être aperçus, Ronan Badel aussi. Il a réalisé d'autres dessins pour la seconde édition."

Quelles sont les contraintes quand on écrit un documentaire ? 

D.G. : "Il faut trouver des informations fiables. Une alerte n'est pas une info. C'est la même histoire quand il y a une bagarre dans la cour du collège. L'histoire est simple lorsque vous n'avez qu'une source d'information. Mais quand il y a plusieurs témoignages et qu'ils divergent, comment se faire une idée de la réalité ? Pour écouter un maximum de gens, cela demande du temps et de l'argent." 

Comment le prix du livre est-il réparti ?    

D.G. : "On ne gagne que 4% sur le prix de vente du livre. La moitié va à la distribution (comme dans les supermarchés où le cultivateur n'est pas celui qui est le mieux payé). L'éditeur verse un à-valoir (une avance sur les ventes du livre)." 

Rencontre avec David Groison et Pierangélique Schouler

Le métier de journaliste

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ? 

P.S. : "Je ne voulais pas être assise derrière un bureau, je voulais être photographe. Finalement, je passe ma vie derrière un écran d'ordinateur, mais ça me plaît." 

D.G. : "Je faisais un journal avec mes amis au collège. Au lycée, j'ai laissé tomber, je trouvais que c'était la honte, que c'était trop s'exposer. J'ai fait des études scientifiques, une école d'ingénieur. En dernière année, je suis allé à Montréal. Je me suis investi dans le journal de l'école. J'ai trouvé ça génial, moi qui étais un ado timide, de pouvoir interviewer des gens. " 

Quel est le parcours pour devenir journaliste ? Existe t-il différentes écoles selon que l'on veut devenir journaliste à la TV, à la radio ou dans la presse écrite ?

D. G. : "Non, les écoles de journaliste préparent à tous les métiers (quel que soit le média : internet, papier, radio, TV...). C'est important de passer par une bonne école. Cela permet de décrocher un stage."

P.S. : "Il existe plusieurs catégories de journalistes (secrétaires de rédaction, iconographe, maquettiste, rédacteur en chef...). J'ai suivi un BTS photo puis j'ai fait des études à l'université."

Dans votre livre, on voit des journalistes avec des appareils photo, des caméras.... Les journalistes emmènent-ils toujours tout cet équipement avec eux ? 

P.S. : "Il existe des journalistes reporters d'images (JRI). Il y a aussi des journalistes qui travaillent tranquillement dans leur coin ou par téléphone. Après coup, on va aller chercher des images pour illustrer leurs articles. C'est toujours plus simple avec un papier et un crayon qu'avec une caméra. La caméra met une petite distance parfois au début".   

Comment le métier de journaliste évolue t-il ? 

D.G. : "ça va de plus en plus vite. On a envie d'être informé dans la seconde. Par exemple, si l'on se trouve dans un quartier où il y a un attentat, on a envie de comprendre tout de suite ce qu'il se passe. Mais s'informer ça prend du temps. On va vérifier l'information, il faut qu'on puisse interroger des personnes. Il y a quelque chose de fascinant, de sidérant à voir la cathédrale Notre-Dame de Paris brûler, mais on peut attendre le lendemain matin que les journalistes aient recueilli l'information pendant la nuit. Le second point, c'est : accepte-t-on encore aujourd’hui de payer pour avoir une information ? Avec une information que l'on obtient gratuitement, on prend le risque qu'elle soit de mauvaise qualité (des copiés-collés)."  

Vous êtes-vous déjà trompé dans un article ? 

D.G. : " Oui ! Plein de fois ! Heureusement, il y a des gens qui sont payés pour me corriger. C'est le travail des secrétaires de rédaction par exemple. On travaille à plusieurs, on se vérifie les uns les autres. Il arrive que malgré ces différentes vérifications, on publie des erreurs. Cet été, on a publié un article sur Simone Veil. En discutant avec une collègue le midi, j'apprends que son père détestait la musique et lui interdisait d'en écouter. J'ai trouvé ça extraordinaire. Je me suis trompé en écrivant mon article, et j'ai parlé de son mari. Dès le numéro suivant, nous nous sommes excusés pour cette erreur. Tous les médias se trompent. Le dissimulent-ils ? Est-ce qu'il l'assument ? C'est une relation de confiance que vous établissez avec vos lecteurs. "  

Avez-vous déjà pris des risques pour écrire un article ? 

Piérangélique Schouler raconte une anecdote amusante à propos d'une photo de Rachida Dati. Il s'agit d'un portrait qui a été publiée dans le journal Le Figaro en 2008 pour accompagner un interview de la ministre de la Justice. Juste avant que le journal ne parte à l'impression, on s'aperçoit que sur cette photo, Rachida Dati porte une énorme bague, quelque chose de très ostentatoire, et comme par hasard, sur la page d'à côté se trouve une publicité pour une bague. A la dernière minute, on décide donc de retoucher l'image et d'effacer la bague. A cette époque Piérangélique Schouler faisait un remplacement au Figaro. Elle a demandé discrètement de l'aide au nouveau chef photo afin d'obtenir l'originale de cette photo. 

Lire l'article de l'Express au sujet de cette controverse

D.G. : Contrarier son patron c'est prendre un petit risque, mais vers qui va la loyauté ? Vers le lecteur ou le patron ? La pluralité de la presse est essentielle ! Si notre journal appartient à un grand groupe et qu'une information risque de lui porter atteinte, on va pouvoir la refiler à un copain qui travaille pour un autre journal et pourra la diffuser.   

Vous êtes-vous déjà senti insulté en tant que journaliste ? 

D. G. : "Ah oui ! On est les premiers à critiquer nos confrères, et c'est bien d'être critique. Il y a plein de médias qui ne font pas bien leur travail, mais c'est heurtant d'en tirer des généralités sur les journalistes. Et l'on s'en prend toujours au messager lorsque le message nous déplaît. Certains gilets jaunes ont été heurtés que l'on montre les violences dans les manifestations. Mais on ne peut nier l'existence de ces violences. Attention à ne pas faire des raccourcis."

Les critiques ont-elles un impact sur vous ?

P.S. : "Nous n'avons pas eu de retour négatif sur ce livre (Les journalistes nous cachent-ils des choses ?), mais oui ça peut être blessant, c'est compliqué quand on y a passé du temps. 

D.G. : "Dans le magazine Phosphore, on défend le combat contre le sexisme. Par exemple, on fait toujours très attention à montrer des femmes exerçant des métiers traditionnellement réservés aux hommes. On a voulu parler d'un débat qui divise les féministes à propos des différences physiques entre hommes et femmes qui justifieraient, pour certains, que l'on traite différemment les hommes et les femmes. Nous avons intitulé notre article : "Les hommes et les femmes doivent-ils avoir les mêmes droits ? La nuance était dans la réponse. Bien sûr, le titre était maladroit. Mais quelqu'un a isolé le titre et a accusé Phosphore d'être un journal sexiste. C'est très dur émotionnellement, surtout lorsqu'il s'agit d'un combat auquel on tient. Dans le livre, il y a cette citation de Bernard Werber :

Entre Ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie d'entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même...  

Les mauvaises nouvelles atteignent-elles le moral des journalistes ? 

P.S. : "Oui, bien sûr. Je vois souvent des photos horribles (par exemple pour illustrer un article sur la famine). Je suis obligée de regarder ces photos et déterminer si elles ne vont pas heurter, choquer, détourner l'attention du message que l'article veut faire passer."   

Est-ce facile de lutter contre les fake news ?

P. S. : "En tout cas, c'est facile de ne pas les propager. Il faut prendre le temps de vérifier. Il y a eu cette histoire avec une Pakistanaise condamnée pour avoir brûlé une page du Coran. A l'époque, on m'avait demandé de trouver une photo de cette jeune fille âgée d'une quinzaine d'année. Sur la photo qui circulait, elle avait l'air d'une fillette. J'ai pris cette photo et je l'ai déposée dans l'appareil photo de Google Image pour remonter le fil [il s'agit d'une recherche inversée]. Et il s'est avéré que cette photo avait été prise dans le cadre d'une campagne de lutte contre l'illettrisme !" 

Vous travaillez tous deux dans le même milieu, quel impact cela a t-il sur votre relation ? [P. Schouler et David Groison vivent ensemble]

D. G. : "On travaille dans le même milieu, mais nous ne faisons pas le même métier, et on a souvent ce débat concernant la place de l'image et du texte. Quand on écrit un article, on doit laisser une place à l'image. Textes et images se partagent la page. Parfois, on peut regretter de devoir couper un texte pour mettre une image, surtout quand on a passé 15 jours à écrire son article, à enquêter. Et inversement, les journalistes qui produisent des images regrettent parfois qu'il y ait trop de "gris"(du texte) sur la page...  C'est un débat à porter sur la place publique : quelle place laisse t-on au texte (à la réflexion) et à l'image (l'émotion) ?" 

Avez-vous parfois des pannes d'inspiration ? 

D. G. : "Jamais. On travaille sur le réel. Il y a toujours de nouveaux phénomènes de société. J'écris pour votre tranche d'âge. Vous êtes des pionniers, toujours les premiers à utiliser de nouveaux réseaux sociaux, à écouter de nouveaux artistes... Il y a mille choses qui se passent sur la planète, quelles sont celles que l'on va mettre en avant ?"

P. S. : "Tous les journalistes se battent pour que leur sujet soit retenu en conférence de rédaction. Je réagissais un peu comme une mauvaise élève en me disant que de toute façon peu importait quels sujets seraient choisis, puisque tout le monde serait payé. C'est très stimulant de travailler dans un journal, il y a une certaine émulation."

Dernière question 

Avez-vous l'intention d'écrire d'autres livres ? 

P.S. : "Un livre sortira à la rentrée, mais il sera à destination des écoles élémentaires". 

 

Un grand merci à David Groison et à Piérangélique Schouler pour cette rencontre qui se poursuivra dans deux jours avec d'autres collégiens qui participent à ce Prix. Et un grand merci à la médiathèque Françoise Sagan pour son accueil. 

Les journalistes nous cachent-ils des choses ?

Publié le par prof. documentaliste

Les journalistes nous cachent-ils des choses ?
Les journalistes nous cachent-ils des choses ?

Rencontre avec Clémentine Beauvais

Publié le par prof. documentaliste

Ce lundi 25 mars, Clémentine Beauvais est venue au collège Valmy animer un atelier de traduction littéraire auprès des élèves de 4ème C. 

Certains élèves de la classe l'avaient déjà rencontrée l'an dernier après la lecture de son roman "les petites Reines". 

Cette année, c'est en qualité de traductrice qu'elle est revenue nous voir. En effet, dans le cadre du prix Paris d'en Lire, les élèves lisent le roman "Swimming pool" de Sarah Crossan, traduit en français par Clémentine. 

Lire la suite de la rencontre sur le site du collège

Rencontre avec Clémentine Beauvais
Rencontre avec Clémentine Beauvais

Critique du manga "Isabella Bird"

Publié le par prof. documentaliste

Critique du manga "Isabella Bird"

"Swimming pool" - critiques du roman

Publié le par prof. documentaliste

 

"Swimming pool" - critiques du roman

Critique de l'album "A travers"

Publié le par prof. documentaliste

 

Critique : "Les journalistes nous cachent-ils des choses ?"

Publié le par prof. documentaliste

 

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